Mgr PHILIPPE Joseph (Laurent)
(1877 - 1956)

(1877 - 1956)
Né le 03.04.1877 à Rollingergrund (Lux)
Profès le 18.09.1897 à Fayet
Prêtre le 28.05.1904 à Rome
Secrét.gén. (1911-1919)
Cons. gén. (1919-1926)
Sup. loc. Bruxelles (1919-1926)
Sup. gén (1926-1935)
Sacré Ev. 09.06.1935 à Rome
Ev. Luxemb. (1935-1956)
Décès le 21.10.1956 à Luxembourg

Premier successeur du Père Dehon, à la tête de l'Institut de 1926 à1935, Evêque titulaire de Tino (ancien Evêché de Dalmatie, remontant à 1050,) Coadjuteur avec future succession de S. Exc. Monseigneur Nomesch, et depuis Evêque de Luxembourg.
Né le 3 Avril 1877 à Rollingergrund dans le Grand Duché de Luxembourg, où la foi catholique la plus vive est. encore, à notre époque, l'héritage traditionnel le plus hautement apprécié, Joseph Philippe, tout jeune encore, n'eut pas de projet plus cher que de se consacrer entièrement à Dieu. Sa modestie nous en voudrait de nous étendre longuement sur les qualités de cœur et d'esprit qui le signalèrent de bonne heure à l'attention de son vénéré pasteur. Passons donc! Entrer au Petit Séminaire, il n'en pouvait être question, car le mode de recrutement du clergé, au Grand Duché, diffère notablement dé celui qui est en usage dans nos régions: Il n'y a pas de Petit Séminaire proprement dit à Luxembourg. Les candidats au sacerdoce font leurs études secondaires au Gymnase, à l'Athénée ou à l'école de leur choix; en suite de quoi ils peuvent être admis au Grand Séminaire épiscopal.
C’était l'époque, où venait de s'ouvrir à Clairefontaine, sur la frontière belgo-grand-ducale, l'Ecole Notre-Dame de la Miséricorde. Joseph Philippe, âgé de douze ans, y fut présenté par ses parents; le nouvel élève y trouva si bien l'atmosphère propre à l'épanouissement de son idéal, qu'en 1895, à la fin de ses humanités, il sollicita son admission au Noviciat des Prêtres du Sacré-Cœur, à Sittard. Sous la direction du Père André Prévot, notre novice comprit, mieux que jamais, l'idéal sacerdotal de vie réparatrice envers le Sacré-Cœur, dont l'école de Clairefontaine avait déposé le germe en lui. C'est ainsi que Joseph Philippe devint un homme fait, un religieux idéal, une valeur qui, déjà, rayonnait.
Au sortir du noviciat, où le saint Père André — un fin connaisseur d'âmes — le distingua parmi plusieurs autres, nous le trouvons pendant quatre ans, professeur à l'école Saint-Clément. Ses élèves, parmi lesquels on compte plusieurs supérieurs actuellement vivants et le Directeur de l'Enseignement d'un grand diocèse du Midi de la France, ont conservé le souvenir de ses classes de grec si bien préparées, où l'on ne savait ce qu'il y avait plus lieu d'admirer, du professeur clair, méthodique, consciencieux, ou de l'éducateur de tout premier ordre.
«Ce fut pendant ces quatre années de professorat, lisons-nous dans « La Croix de 1'Aisne » du 5 Mai 1935, que le R. P. Dehon put apprécier son futur successeur, au point de lui vouer une amitié qui ne se démentit jamais.
A partir de 1900, nous le retrouvons au Grand Séminaire Saint-Sulpice d'Issy et de Paris où, dans « le groupe du Sacré-Cœur », il appartint au Cours de 1904. C'est là que personnellement (Monseigneur comprendra que nous ne puissions en perdre le souvenir,) nous l'avons connu dans l'intimité, comme un aîné d'une rare distinction, dont le surnaturel déteignait, pour ainsi dire sur nous, dont la conversation, le long des allées du parc, était souvent un vrai régal, dans ce milieu pourtant unique au monde ! Son âge, son expérience, sa science, son esprit sacerdotal et religieux faisaient déjà de lui un pôle d'attraction. Ce fut à Rome que le Père Philippe devait terminer ses études théologiques, en prenant son doctorat.
Après avoir professé, durant de longues années, l'exégèse et l'herméneutique au Scolasticat de Luxembourg, le R. P. Philippe fut élu, en 1911, Secrétaire Général de la Congrégation; en 1919, il était promu Assistant Général et Conseiller du R. P. Dehon; en 1926, le Chapitre Général le désignait à l'unanimité pour succéder au vénéré Fondateur, dont il avait si bien compris et vécu la pensée.
Au moment où la Providence fait de S. Exc. Monseigneur Philippe le collaborateur de S. Exc. Monseigneur l'Evêque de Luxembourg, la Congrégation ne peut pas ne pas regretter le Père et le Chef qui la gouvernait: Prêtre et religieux du Sacré--Cœur dans toute l'acception du terme, le Révérendissime Père Philippe attirait encore à lui par la fermeté de ses principes, non moins que par sa religion, admirable de foi et d'équilibre. Vaste esprit au courant des questions les plus actuelles, habitué par ses origines, et plus tard, par ses fonctions de Supérieur Général, à coudoyer les nationalités les plus diverses, il sut s'imposer à tous, par l'ascendant de son caractère; et la facilité avec laquelle il s'exprime non seulement dans le dialecte luxembourgeois, mais encore en français, en allemand, en hollan-dais, en italien et en espagnol, contribua pour une bonne part, à lui faciliter la tâche. Très discret, infiniment respectueux des personnes, il aimait à s'élever au dessus des questions d'espèces, jusqu'à la sérénité des principes: La Règle, toujours la Règle!.. mais aussi comme il aidait à l'observer!
Son séjour parmi nous, qui promettait d'être long encore, a pris fin officiellement le saint jour de la Pentecôte de l'année 1935, après le sacre de son Excellence ! L'homme propose. . . et Dieu dispose ! Il est vrai que le bien général de l'Eglise hiérarchique passe avant celui même d'une Congrégation. Au Saint-Siège il appartient de décider. Fiat ! Le Sacré-Coeur y pourvoira! En construisant la belle église du Christ-Roi, à Rome, qui se prête si bien aux cérémonies les plus grandioses, le Révérendissime Père Philippe était loin de penser qu'il élevait l'église de son sacre !
«LE PERE DEHON ET SON OEUVRE» pages 332-334


AVANT-PROPOS, EXERGUE - CAUSES INTRODUITES